2016

BRUISSEMENTS DE VIE

Il nous vient de Ménilmontant, son port d’attache, mais en réalité d’une multitude d’autres pays.

Des luminosité diaphanes où vibre l’air tamisé de somptueuses couleurs adaptées aux lieux, aux saisons, aux divers moments de la journée. « La couleur, c’est la vie et le désespoir ». Car qui dit lumière dit aussi jeux d’ombre, dont les nuances recèlent bien des secrets d’âme…La référence à Soulages ou Zao Wou Ki éclate en ces toiles où gouttes d’eau et d’encre se mêlent en une magie d’où surgissent des mouvements d’arbres agités d’une brise qu’on entendrait presque. Ou ce Maroc natal dont les superbes jardins se teintent de tonalités bleutées, et cette Chine tant aimée, source de bien des inspirations…

Son style? Une figuration, non point abstraite (le besoin de repères nourris de vie et de sens?), mais épurée sur le fil mémoriel de tant d’artistes d’influence…Toute l’histoire de la peinture émotionnelle traverse les registres de Bertrand Bellon.
Comme une mélodie dont les notes seraient mouvements et souffles, où les espaces blancs se feraient pauses et silences… Autres teintes qui transgressent la réalité, comme une porte ouverte vers les univers de nos songes, de nos souvenirs, telles ces poires dont les palette d’humeurs changeantes évoluent du bleu au gris, en douceurs infinies, ou du jaune à l’orange en tourbillons de gaité.

L’ambition que nourrit l’artiste de mettre le musée dans les rues, à la portée de tous. L’art s’inscrit au coeur de la vie de chacun dans des milieux urbains donnant aux murs, aux rideaux de fer, aux portes, aux tuyauteries, une nouvelle existence poétique inattendue.
depuis ses premières peintures jusqu’à cet ensemble de fusains, croqués sur le vif et rehaussés d’éclats de couleur.

Ils ont assisté à l’élaboration progressive de la facture qui s’impose ici avec une forte évidence.
Un cadrage restreint, comme l’acuité de son regard, s’attache au détail qui touche, relie, ou enracine…

Et l’artiste nous fait ressentir à la fois le poids de la vie et la beauté du monde.
Il lui reste à révéler son travail avec la matière picturale de l’huile et de la toile, avec le jeu des pigments, mais nous savons déjà que les mêmes caractères marqueront ce développement.
Nous l’attendrons d’autant mieux que s’affirme aujourd’hui une picturalité très personnelle : la naissance d’un style.

Catherine CLERC, publié dans http://www.magmozaik.com

2014

DE L’INTERPRETATION MODERNE DE LA PEINTURE CLASSIQUE

Les peintres modernes occidentaux réinterprètent souvent les classiques pour leur donner un nouveau souffle. Dans la même veine, Bertrand Bellon imprègne ses œuvres de symbolisme et d’humanisme dans le but de leur donner un sens plus profond… Ses natures mortes, au lieu d’être de simples compositions de coupes et de fruits, sont souvent animées d’une intrigue…

Le tournesol est le symbole du soleil ; il est devenu un sujet classique en peinture depuis Van Gogh. Bellon peint aussi des tournesols ; mais les siens possèdent des traits propres au fauvisme.
Depuis une centaine d’années, les artistes orientaux et occidentaux ont tendance à déserter le travail de copie, car copier, ne serait pas créer. La peinture se tourne vers le vif et la nature. C’est ainsi que s’est établit une manière de créer en imitant les classiques…

L’innovation du style pictural prend pour appui les peintures classiques mais emploie des procédés radicalement différents. Pour saluer David,. Dans la ligne du fauvisme, Bellon a rejeté une description détaillée, il utilise des couleurs et des traits symboliques pour rendre hommage à l’œuvre de David. Dans le rapt des Sabines une vaste guerre se voit réduite à un homme en rouge qui enlève et embrasse une femme en blanc.

YIN Wen, Professeur des beaux-arts à l'Université du Sud-Est (Chine)

2013

Une longue histoire

L’histoire d’un peintre est toujours une longue histoire : presque toute l’histoire de la peinture…

Les Théières font partie de son quotidien, comme les pots. Bertrand Bellon a toujours eu une passion pour les arbres et les fruits, une passion pour la Terre ; il nous offre ses fruits avec profusion et avec, peut-être, une inextinguible soif…

Certains personnages sont superbes. Parfois, un espace blanc laisse apparaître le papier ; on appelle cela une “réserve”. Les musiciens le savent : le silence entre les notes, c’est la même mélodie qui se poursuit…

Entre les coins d’ombre les plus sombres et les éclats de lumière les plus printaniers se déroule le grand combat : le combat de l’artiste, qui est finalement le combat de l’Homme.

Philippe GREIG, (texte repris du livre Bertrand Bellon, 2014)

Un tournesol qui voyage

Cela fait plus d’un an que Bertrand Bellon a quitté Nanjing. Nous pensons beaucoup à ce vieux adorable… Une excellente peinture n’est pas seulement pour les yeux. Elle permet de communiquer avec l’âme. Les tournesols de Bertrand Bellon ont semé une profonde impression dans mon coeur…

Bertrand est toujours en route : il voyage, il observe, il explore et il crée. Il court toujours après le but de son coeur, comme un tournesol qui est tout le temps à la recherche du soleil, l’apparence tranquille enveloppant un coeur enflammant dont j’ai déjà éprouvé la température dans sa peinture.

WEI Changjian, Rédacteur en chef de la Tribune artistique du Journal Xinhua

D’un point de vue marocain … jusqu’à l’universel

Bertrand Bellon me dit que, Français, il est né à Meknès … Quels prodiges s’attachent à une telle naissance quand les cultures se superposent ? N’est-ce pas cela qui offre à l’esprit une universalité, une ouverture sur le monde…

J’aime ce regard du peintre sur les choses de la vie qui permet d’en goûter à nouveau le charme… « J’ai voulu retrouver, non pas tant le bleu Majorelle, que les effets du bleu. Je peins avec le cœur, c’est une grande densité d’émotion. » …

Les travaux à l’encre de Chine m’offrent le souvenir de l’alphabet arabe appris à l’école coranique, l’enchantement de la calligraphie, pointe du calame sur le papier vierge. Mais ce n’est qu’une halte car très vite car très vite, Bellon m’entraîne vers une autre épure, dans une Asie lointaine, toute de sensibilité et de ressenti.

Mehdi DE GRAINCOURT, Journaliste marocain (texte repris du livre Bertrand Bellon, 2014)

2012

On n’a jamais rencontré deux poires identiques

Cette semaine, a eu lieu à Nankin, l’exposition Dialogue Paris-Nanjing … On baigne dans l’élégance de Paris et le charme de Nanjing …

Pour Bertand Bellon, ses poires ne sont jamais une photographie de l’objet, mais une représentation abstraite du sentiment, de l’inspiration et de la couleur … Ses natures mortes paraissent calmes, mais y pénètre une force qui vient du fond du cœur. Il n’y a jamais deux poires identiques. La copie artistique est toujours une création et une métamorphose. »

(Second article sur le dialogue par les arts) : Bertrand Bellon et Yang Xiaomin s’entendent parfaitement par leur art qui se focalise sur la vie. Bertrand Bellon peint à la française, et Yang Xiaomin à la chinoise. Deux styles complètement différents, partageant le même espace d’exposition, on est conduit à réfléchir sur le sens des peintures de chacun. Il existe un vrai focus de communication entre deux cultures, chinoise et occidentale).

LIU Lin, critique d’art, article dans la Presse moderne, Chine

2010

Art fusing East and West.

Bellon revealed a number of moods and an extremely sensitive perception … A still life worked with oil on canvas is a beautiful source of tranquillity with figs depicted in deep, cool tones against a light, dappled background. In this exhibition one shared the pleasure of an artist who enjoy the process of art making; the ultimate reward of creativity …
Marjorie HUSAIN, in Down, Karachi, 5 décembre 2010.

Dans le domaine artistique, Bertrand Bellon est particulièrement original 

Son originalité ne réside pas dans sa technique, mais dans son champ de vue. Plus précisément, dans sa sensation particulière envers l’homme et envers le monde où on se trouve … Sous sa plume, comme sous son pinceau, l’homme n’a plus de différence de nationalité, ni même de distinction de sexe.

Ce qui le préoccupe ? ce n’est pas la situation d’un individu ou d’une race, mais la condition de l’homme, le destin de toute l’humanité … Des œuvres floues ne nous demandent jamais de porter un jugement « bon » ou « mauvais », mais elles exigent de nous réflexion.

LIU Chengfu, Professeur à l’Université de Nankin, Chine

2009

LA NAISSANCE D’UN STYLE

… Un cadrage restreint, comme l’acuité de son regard, s’attache au détail qui touche, relie, ou enracine…
Et l’artiste nous fait ressentir à la fois le poids de la vie et la beauté du monde …
Philippe GREIG